Le territoire

PRESENTATION GENERALE

DONNEES GEOGRAPHIQUES

Le territoire de la commune de Saint-Mélany fait partie du Parc Naturel Régional des Monts d’Ardèche, dans les Hautes Cévennes. C’est un village de montagne surplombant de 150 mètres les gorges de la Drobie (la rivière est à 300 mètres d’altitude). Il s’accroche au flanc sud de la Serre de la Croix, qui culmine à 752 mètres.
Le relief assez prononcé est dominé par la Serre de la Croix et à l’est par le Belvezet (732 mètres d’altitude). Le Belvezet forme le premier mont d’une crête qui remonte vers le nord jusqu’à 916 mètres d’altitude en direction du col de Loubaresse puis vers le col de Meyrand et le Tanargue. Le climat méridional de la vallée est donc ainsi influencé par la proximité des hauts plateaux ardéchois.


Carte générale de la commune de Saint-Mélany

Avec mention des cours d’eau, des hameaux, routes et reliefs.

 

Carte de CASSINI, env 1760

Etablie autour de la deuxième moitié du 18è siècle, elle est la toute première carte topographique de France, souhaitée par le roi Louis XIV. On peut noter que la plupart des hameaux de la commune y sont inscrits, signe de l’ancienneté de l’occupation de la vallée.

Plan cadastral de 1842

De la zone centrale de la commune, Le Villard, les Fabres, Le Chambon, l’Eyrolle et la Coste.

 

DEMOGRAPHIE POPULATION

L’évolution du nombre d’habitants est connue à travers les recensements de la population effectués sur la commune depuis 1793.
Le peuplement de la vallée la Drobie est très ancien et les principaux hameaux de la commune sont d’ailleurs inscrits sur la carte de Cassini établie en 1746, indiquant une implantation encore bien plus ancienne. L’apogée de population de la commune se situe autour de 1870, la commune comptait presque mille âmes à cette époque. Les champs, les terrasses et les sentiers muletiers étaient tous très fréquentés et parfaitement entretenus.
Puis le déclin et la déprise agricole ont commencé, délaissant les faysses et les maisons les plus éloignées des voies de communication modernes, au fur et à mesure du départ des habitants vers les vallées et les villes pour une vie moins dure. Ce phénomène d’exode rural très marqué dans ces vallées cévenoles, avec deux pics de départs lors des deux guerres mondiales de 1914 et 1939, s’est poursuivi jusqu’aux années 1960. Puis, de nouveaux habitants sont venus s’installer en petit nombre lors des décennies suivantes dans les fermes abandonnées (on les appelle les néoruraux), et la population de la commune s’est depuis stabilisée autour de 80 à 90 habitants à l’année, augmentée en saison touristique par de nombreux vacanciers en résidences secondaires.
En 2017, la commune comptait 111 habitants, en diminution de 8,26 % par rapport à 2012.

 

 

 

LA DEPRISE AGRICOLE, la fermeture des paysages.

Depuis la fin du 19è siècle, les territoires des Cévennes et en particulier de la vallée de la Drobie ont donc inexorablement perdu leur population. Une des conséquences majeures en est la déprise agricole, l’abandon des terres cultivables, en commençant par les parcelles les plus inaccessibles, les plus éloignées des hameaux, des sentiers muletiers et des routes. Le territoire était totalement recouvert de très nombreuses terrasses qui ont été progressivement abandonnées et sur lesquelles la forêt a repris ses droits. Elles sont toujours présentes, parfois très visibles sous le couvert végétal, parfois on les devine seulement. Le paysage de la vallée s’est donc progressivement refermé, pour redevenir le « désert vert » qui qualifie une grande partie du massif central.
La comparaison des mêmes territoires entre les photos aériennes ci-dessous, prises en 1956, et les images satellites de 2020, montre la rapidité de ce phénomène sur une période de seulement 64 ans.

Les seules zones encore ouvertes, entretenues et débroussailllées sont les abords proches des hameaux, comme de petites oasis au milieu des forêts de chênes verts, de châtaigniers et de fayards. Les deux images ci-dessous, des hameaux du Villard et du Chambon, sont particulièrement démonstratives du phénomène. Le paysage de la vallée est donc en permanente transformation et le réchauffement climatique, qui favorise certaines essences de végétaux, accentue encore cette transformation.

 

GEOLOGIE

CONSTITUTION GEOLOGIQUE DE LA COMMUNE DE SAINT-MELANY

Par Georges Naud, Hydrogéologue

Le sous-sol de la commune de Saint-Mélany est entièrement constitué de roches métamorphiques et granitiques affectées de fractures dans lesquelles se sont mis en place des filons minéralisés et où circulent, en certains endroits, des eaux minérales. Les roches métamorphiques (teintes vertes) sont principalement des micaschistes et des quartzites qui constituent de larges affleurements dans plus de la moitié sud et ouest de la commune. Elles résultent d’une transformation, consécutive à des augmentations de pression et de température (métamorphisme) d’ensembles de roches argileuses et gréseuses. Les roches granitiques, présentes dans la partie nord de la commune (granite de Rocles en violet) et au-delà, à l’ouest (granite de la Borne, en rose) sont l’expression d’une fusion qui, comme le métamorphisme, est intervenue lors de la mise en place d’une chaîne de montagnes sur une grande partie de l’Europe (chaîne varisque), il y a 300 millions d’années environ. C’est l’érosion qui a permis la mise à nu de ces roches qui n’ont pu se former qu’à une certaine profondeur et qui a donné, avec le creusement des vallées, le visage actuel du territoire de la commune. Des filons (traits rouges), minéralisés en sulfure de plomb (galène) avec une gangue de quartz (La Brousse) et de barytine (La Clède de Bayle), se sont mis en place dans diverses fractures. Ils firent l’objet, au XIX e siècle, de tentatives d’exploitation infructueuses. Enfin, n’oublions pas les eaux minérales qui résultent du mélange, en profondeur, d’eau de surface et de gaz carbonique et remontent vers la surface par de nombreuses fractures. A Saint-Mélany, la source de l’œuf (rond rouge) montre la particularité, très rare en Ardèche, d’avoir une odeur d’œuf pourri (d’où son nom) à cause du dégagement d’hydrogène sulfuré.